Jeudi 24 mai 2012
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Il ne veut pas votre bonheur. Se fiche de votre malheur. Ne veut pas connaître vos amis ou que vous connaissiez les siens. Revient sans cesse sur ce qu’il dit. Pourtant, quand il est l’heure
d’aller au lit, il court dans le vôtre. J’ai nommé : l’amant à sens unique. Idéal lorsqu’on n’a pas de cœur, cet homme-objet est malheureusement doué d’intelligence - ou du moins, de parole
- et peut aussi causer des dégâts. Certes pas irréversibles, mais tellement soudains. Les lignes de la main lues, le charlatan repu revient sur ses présages ; l’amour, il faudra l’attendre
encore.
C’est ainsi que se retrouve, pieds et poings liés par ce deuil inattendu, la peu farouche aimée d’une heure. L’autre est parti, a quitté le nid douillet de son quatre heures, voyant tourner les
aiguilles et arriver son erreur. Il digère à présent le temps écoulé chez cette fille sans prendre celui des remords. Dans sa bouche, le goût aigre est devenu doux. Elle, pendant ce temps, troque
le sucré contre l’amer. Elle a vu passer chaque heure avec la même intensité : celle où elle n’y croyait pas, celle où son avis a changé, celle qu’elle referait si c’était à refaire et celle
de la porte qui claque. Clac. Une claque en plein visage, si l’on devait y trouver métaphore. Mais la figure de style n’est plus la bienvenue dès qu’une ouverture se referme. On l’aurait
volontiers acceptée joyeuse et optimiste, accompagnant une porte grande ouverte et des fenêtres béantes. Une prochaine fois ? Rien n’est impossible si tant est que l’homme change, et pas
l’avis.
Par amouretincontinences
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Lundi 26 mars 2012
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22:46
L’œil affûté, la jambe légère et le cœur battant, la femelle traverse la jungle. Le regard droit, le torse bombé et le pas haletant, le mâle s’engouffre dans la grotte. Tous, femmes et
hommes que nous sommes, suivons parfois les lois simples de la nature, et ce malgré nous. Alors que celle-ci n’en veut qu’un, celui-ci en voudrait une autre ; tandis qu’elle gère ses
prétendants, lui, gère sa liberté ; pendant qu’elle espère un geste, il profite du moment présent ; quand elle le regarde dans les yeux, il cligne et repousse ses cheveux. Dans cette
histoire, il n’y a pas de victime ni de coupable, juste un mauvais calcul. Et celle qui va devoir revoir ses tables, c’est mère Nature.
Que l’on soit fille ou garçon, plutôt cœur ou plutôt raison, les choses ne se passent pas souvent comme on l’avait imaginé. Certes, on peut ne voir que ce qui nous arrange ; on peut
aussi tenter de forcer le “destin”. En réalité, la seule chose à faire est de se résigner. Chercher ailleurs. Voir plus loin. Plus facile à dire qu’à faire : la nature semble avoir cette
emprise sur nous qui force à espérer, à voir le meilleur de l’autre, à faire des sacrifices à peine consentis. Et dans notre malheur, il y a ces petits bonheurs, ces bonheurs de rien du tout, qui
font oublier tout le reste. Si bien qu’on en arrive à se dire que, peut-être, la vie ne se limite qu’à ces instants de félicité, et que s’en contenter ne paraît pas si fou. La mémoire est
sélective, après tout.
Mais, vivre en demi-teinte, est-ce tenable ? Sûrement pas. Et la nature nous le prouvera bien assez tôt. La jungle nous met au défi d’y survivre ? On y survivra. La grotte veut
nous prendre en otage ? On en sortira. Encore plus fort.
Même pas peur.
Par amouretincontinences
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Mardi 31 janvier 2012
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Que l’on soit la vieille fille entourée de ses chats, dans un appartement du rez-de-chaussée, qui sirote des infusions toute la journée ; la cadre sup’ quittant son travail à 21h pour
rejoindre une maison que tous ses voisins lui envient, parce qu’une décoratrice y a mis sa patte ; la jeune serveuse qui, à peine de retour dans son studio douillet, n’a plus d’yeux que pour
son lit alors qu’il fait encore jour ; les tactiques sont pléthoriques pour combler le vide dans une vie. Il arrive même qu’on oublie leur recours et qu’on s’en accommode.
La vieille fille ne se préoccupe plus de l’image que se font d’elle les gens qui passent. La cadre sup’ ne se sent plus coupable de sa réussite sociale. La jeune serveuse s’endort, sans
plus prendre le temps de penser à autre chose qu’à son oreiller retrouvé. Peu importe qui est cette femme, elle est devenue reine en gestion des sentiments. Elle ne vivra plus pour un autre, ni à
travers ses yeux, mais pour elle seule. Egoïstement. La meilleure manière qui puisse exister pour profiter du moment présent. Faire ce qu’on a envie de faire. Et qui sait, un jour peut-être,
vouloir le faire à deux.
Par amouretincontinences
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Vendredi 9 décembre 2011
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Ce qui est bien, avec les Personnes à Ambition Réduite (entendez par-là les « chasseurs de fesses »), c’est que le récit de notre vie en long en large et en travers résonne de la
même façon dans leur cavité cérébrale que notre profond silence. Seules, sur les parois de leur boîte crânienne, rebondissent les images subliminales d’un corps radiographié à travers des
vêtements que l’on croyait sans incidence. Que ceux qui pensent avoir affaire à un spécimen du paléolithique se détrompent, on est en plein dans l’ère actuelle : surfant sur la tendance de
la société de consommation, c’est dans leur bon droit que ces P.A.R. pensent évoluer.
Et comme rien dans la vie n’est tout noir ou tout blanc, cassons un peu de sucre sur le dos de leurs proies. Pour être prises dans leur filet, il a bien fallu qu’elles se laissent séduire.
Comment ? Par un physique d’abord, une voix ensuite, un sourire, pour finir. Rien de très profond en somme, à croire qu’une partie de la « faute » leur revient. Quelle idée aussi,
de croire qu’un lendemain de frasques puisse ouvrir la porte d’une ère nouvelle entre deux êtres ? Naïveté et surdité ne font pas bon ménage. Voilà pourquoi, pour faire place nette, mieux
vaut s’armer d’un balai.
Par amouretincontinences
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Dimanche 27 novembre 2011
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13:45
On sait que l’automne est là quand la nature flamboyante se délave sous un ciel pluvieux. Le paradoxe, cela fait partie du charme de la saison. Alors que l’on n’a qu’une envie, se reposer
sur nos lauriers, dès lors qu’il s’agit d’être deux, brumaire et ses feuilles mortes perpètrent l’hécatombe à nos relations. Le pilier du couple devient sa routine, l’amant horizontal change de
position, la nouvelle rencontre tant attendue révèle sa vraie nature… Vient alors la question inévitable et fatale : pourquoi continuer ? Le laurier est une plante qui a son charme,
mais qui le perd en même temps que ses fleurs. Et depuis octobre, il n’en a plus. Il est donc temps pour la routine de faire ses bagages, pour le sexe de s’auto-alimenter et pour l’amour de se
raisonner. Mais une fois de plus, le cœur est en jeu, et il va falloir lui injecter quelques doses de résine avant qu’il ne prenne à nouveau le dessus.
Sécurité et certitude sont tombées du bateau. Serons-nous assez naïfs pour espérer les repêcher ? Ou les laisserons-nous couler, sans un regard pour elles ? Et si le seul moyen de
faire refleurir nos lauriers étaient de ramer plus vite ? Vitesse, adrénaline et légèreté. Soyons légers. Évitons la claque qui nous ramènerait sur le rivage à peine quitté. Plions nos
bagages en un clic.
Par amouretincontinences
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